• Conséquences de l'opération Euromed sur nos quartiers

     

    Conséquences de l'opération Euromed sur nos quartiersL'opération Euromed est une "Opération d'Intérêt National". Son objectif est de faire du profit avec un quartier jugé stratégique. Euromed veut attirer des nouveaux habitants et des nouvelles activités (emplois hautement qualifiés). Les pauvres n'y auront pas leur place. Pour cela, Euromed peut :
    - Acquérir, au besoin par voie d'expropriation, des immeubles bâtis ou non bâtis
    - Céder ensuite ces biens acquis à des promoteurs
    - Exercer le droit de préemption (obligation pour le particulier de vendre à Euromed) et il le fait déjà de manière répétitive aux Crottes.

    Pour les propriétaires :
    En cas d'expropriations, le rachat s'effectue au prix du marché (dans un quartier où nombre de logements sont vétustes et pas rénovés), les biens sont ensuite éventuellement cédés à des promoteurs à un prix plus élevé. Des travaux pourront être exigés pour être en conformité avec le nouveau standing du quartier.

    Pour les locataires :
    En cas d'expropriation, vous serez les derniers contactés. Des relogements temporaires vous seront proposés au prix du marché actuel et sur critères sociaux.
    Les réhabilitations entraineront une hausse des loyers ou des charges.

    Pour les salariés et commerçants :
    Certaines activités seront conservées, d'autres jugées « incompatibles » avec le futur
    quartier seront expulsées. Cela entrainera des délocalisations et des licenciements.

    Pour tous : après l'opération, la taxe foncière et la taxe habitation augmenteront dans ce quartier "revalorisé".

    Si vous êtes contacté pour l'« évaluation de vos biens » ou pour une procédure de relogement, ne restez pas isolé.

    Contactez le collectif « On se laisse pas faire !»

    Tél : 07 82 03 12 06

     Mail : onselaissepasfaire@riseup.net

    Prochaine réunion du Collectif

    Mercredi 4 mars 2020 à 18h

    au 20  rue de Lyon

     

     



  • Intervention de l’UL des quartiers nord de Marseille 

    au Congrès départemental de la CGT13 (4 février 2016)

     

     

    Pour une union locale de syndicats CGT, c’est plutôt rare d’avoir à se préoccuper de questions d’urbanisme. C’est pourtant ce qui nous arrive à l’UL des quartiers Nord avec le développement d’Euromed, tant l'affaire est grave :

    Euromed 1 a transformé la rue de la république, les quartiers de la Joliette et de La Villette pour un faire un quartier d’affaires branché et d’habitat huppé.

    Maintenant, Euromed 2 monte vers le nord, Arenc et les Crottes. Pour l’instant, on les voit venir et s’insinuer, par exemple avec la fermeture de 3 concessions automobiles représentant une centaine d’emplois : Ford, Renault et Peugeot.

    Mais le pire est encore à venir : Euromed achète les terrains qu’ils revendent à des promoteurs pour des immeubles de standing, de bureau ou des entreprises hautes technologies. Ils construisent l’ilot témoin Allar, sur des terrains acquis à EDF et se déplacent vers les Puces pour ce qu’ils appellent l’ilot XXL.

    Pourquoi sommes-nous en désaccord au lieu de nous réjouir de l’arrivée de copieux capitaux pour la spéculation immobilière et des emplois high tech ?

    C’est que leur but une fois de plus est le profit, dans ces quartiers comme Arenc ou les Crottes qui respirent la misère. Ce qu’ils veulent, c’est déplacer le centre ville vers ces quartiers en les transformant de quartiers populaires, pauvres et sans services, en des quartiers pour de nouvelles couches de population, les classes moyennes, rendant le vie impossible en terme d’emplois et de montant des loyers, aux personnes qui actuellement y vivent et y travaillent. Cela s’appelle la gentrification, qui a vidé le cœur populaire de tant de villes en France (Paris, Lille, Nantes, Bordeaux, Montpellier…) et dans le monde entier. On les voit venir, avec leurs appétits de promoteurs…

    Pensez qu’il parlent d’installer 40 000 personnes là où vivent 3000 habitants dans le quartier des Crottes. Et de mettre en avant la proximité à l’hyper centre et la belle vie qui attend ces nouveaux habitants : immeubles sécurisés, crèche et garderies d’enfants, véhicules écologiques à disposition, tram et métro à leurs portes,… Rien n’est trop beau pour séduire des habitants solvables qui peuvent rapporter gros. Les habitants actuels : ils seront relogés plus loin, tant la pression immobilière va les contraindre à quitter ces quartiers populaires.

    Pareil pour le Marché aux puces, qui voit affluer le week-end des dizaines de milliers de clients qui ne peuvent vivre que grâce aux bas prix qui y sont pratiqués : ils vont le laisser finalement, mais réduit à ses plus gros magasins, ceux qui peuvent payer les charges locatives.

    Pareil pour les emplois, pour des techniciens qualifiés venus d’ailleurs alors que les jeunes du quartier continueront à connaître le chômage et les emplois précaires sans qualification, avec d’être expulsés par la pression immobilière.

    Alors, nous le disons, avec les habitants et salariés du quartier avec qui nous participons à un collectif de lutte contre Euromed, oui, il faut améliorer l’habitat, les entreprises et les commerces locaux, mais pour les utilisateurs du quartier et du marché, pas en fermant les entreprises actuelles et en expulsant les habitants à la périphérie de Marseille. La CGT s’opposera à la mutation du quartier en un quartier bobo où nous ne pourrons plus vivre ni travailler.

     

    Pour résumer, l’usine Saint-Louis qui se développe, ou la spéculation immobilière comme perspective ?

     

    Nous ferons ce travail avec toutes les structures Cgt concernées par cet énorme projet : UL St Lazare, Ports et docks et Union départementale. Car ce qui est en jeu, c’est l’identité même de Marseille, une ville de tourisme et de sièges sociaux, au service des profits, ou une ville de mélanges et de fraternité, où les travailleurs ont leur place et la possibilité de vivre et travailler ? 





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